La question des pesticides est un véritable sujet de société accompagné de nombreuses interrogations et préoccupations de la part d’une majorité des français. De nombreux dossiers et articles dans les médias scientifiques et généralistes tentent de faire le point sur cette question, complexe à traiter en raison d’un nombre important d’incertitudes.
Sans entrer dans le détail des travaux scientifiques, il nous semble important d’éclairer ci-après quelques-uns des principaux enseignements.
Les pesticides peuvent pénétrer dans notre organisme de différentes manières : contact cutané, ingestion, inhalation,.... Il existe deux grands modes d’expositions aux pesticides :
Nombre d’utilisateurs de pesticides ont connu différents symptômes nauséeux, respiratoires, cutanés, suite à la manipulation de produits. Ce sont là les quelques manifestations visibles des effets que peuvent engendrer les pesticides. Aucun de ces produits, destinés à lutter contre des espèces animales et végétales, n’est anodin pour la santé humaine. Leurs pouvoirs cancérigène, mutagène, génotoxique sont connus. Bien que les substances les plus dangereuses (en terme de toxicité) soient aujourd’hui pour la plupart interdites, les matières homologuées n’en sont pas moins à manipuler avec la plus grande précaution.
A plus long terme, l’exposition aux pesticides pour la population générale pourrait avoir des effets sur la santé. Malgré différentes études épidémiologiques menées en Amérique du Nord et en Europe, il est difficile pour les experts de tirer des enseignements clairs et consensuels sur le sujet.
Autant il apparaît que certaines catégories professionnelles (agriculteurs) les plus exposées développent plus facilement certaines pathologies (cancer du sang, de la prostate), autant il est difficile de distinguer les effets sur la population générale. Des présomptions ont été portées concernant le rôle des pesticides dans le développement d’autres pathologies, tel que les troubles neuro-dégénératifs (Parkinson), les troubles de la reproduction, des problèmes de fertilité, des effets hématologiques (leucémies, lymphomes...).
Différentes études sont actuellement menées en France pour combler ces lacunes, notamment pour mieux caractériser la manière dont les populations sont exposées aux pesticides. Il est en effet difficile de comparer des populations sans connaître leur degré d’exposition (quel type d’exposition ? quelle fréquence ? quels produits ?).
En Gironde par exemple, une étude épidémiologique menée en 1999 a permis d’observer globalement une sous mortalité en milieu agricole (maladies cardiovasculaires et cancers broncho pulmonaires), mais une fréquence accrue pour d’autres formes de cancers (de la prostate, du sang, du cerveau et de la peau). Cette sous-mortalité par tumeurs est également observée en Poitou-Charentes pour les exploitants et salariés agricoles.
Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont de fait plus sensibles aux pollutions environnementales. L’Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale a établi le lien entre leucémies des enfants et utilisation d’insecticides domestiques. Il paraît opportun de prendre le maximum de précautions pour éviter tout contact.