La protection de la santé humaine des agents des collectivités, la reconquête de la qualité des eaux, le maintien de la biodiversité dans l’espace urbain, passent nécessairement par la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires.
L’innovation des pratiques se heurte toutefois à différents obstacles qu’il faut gérer à l’échelle des territoires. De l’appropriation du risque par les élus, techniciens et porteurs de projets à l’innovation des pratiques, la mise en place d’une véritable "scène locale" permettant le débat, les échanges entre acteurs, le portage politique, la planification et l’affichage vers le grand public s’avère indispensable pour garantir la pérennité du changement. Même si les initiatives de quelques personnes au sein de la collectivité peuvent apporter une impulsion, la démarche de changement doit être partagée et construite collectivement autour d’un référentiel commun.
Nous vous proposons ici les grands traits permettant l’innovation des pratiques à l’échelle d’une commune et quelques références techniques qui nous paraissent les plus complètes.
Comment organiser le changement des pratiques ?
A ce jour, trois méthodes-outils complémentaires sont mobilisés à l’échelle des communes pour mettre en œuvre ce changement et ainsi répondre aux préoccupations techniques et pratiques :
La gestion différenciée des espaces, qui permet la définition d’objectifs d’entretien en fonction des attentes du citoyen, des ressources de la collectivité et en fonction des espaces ;
Le plan de désherbage communal, qui permet d’identifier les surfaces, les zones à risques de transferts, et enfin de planifier des solutions techniques permettant de réduire ces risques.
De nombreuses solutions techniques et alternatives au tout-chimique existent
Des solution préventives : paillage, plantes couvre-sol, bonnes pratiques d’entretien des pelouses et terrains de sport, voile anti-insectes, diversité des essences végétales... Toutes ces techniques permettent de limiter le développement des espèces non désirées et des maladies.
Des solutions curatives : désherbage mécanique, désherbage thermique, désherbage manuel. Le marché des alternatives se développe et offre de nouveaux outils. Toutefois, il est utile de souligner que la plupart des solutions motorisées ou thermiques produisent des émanations de gaz à effet de serre.
L’acceptation de la végétation spontanée. Les pays voisins d’Europe du Nord acceptent aujourd’hui la présence de la végétation spontanée dans les espaces publics. La diversité de la végétation spontanée offre même d’agréables surprises avec le fleurissement des pissenlits, des pâquerettes etc...
La collectivité, entre exemplarité "écologique" et maintien de la "propreté" de l’espace public
L’exigence de propreté des espaces publics correspond à un construit culturel. Les actions locales de sensibilisation, d’information, d’éducation du citoyen sont des préalables nécessaires à l’acceptation des adventices.
De même, le portage politique de l’innovation doit, à travers les bulletins communaux par exemple, permettre d’afficher politiquement l’initiative comme un atout, une force. Elle permet alors à l’agent de mobiliser de nouvelles techniques.
Pour les agents communaux, ce changement complet de gestion de l’espace public, peut être perçu négativement, comme une dévalorisation de leur travail ("retour à la binette"). Il est indispensable d’accompagner les agents dans cette refonte des pratiques.
Ces produits sont dangereux !!! L’utilisation d’équipements de protection individuelle est nécessaire et obligatoire
L’utilisation d’équipements spécifiques est souvent contraignante pour l’utilisateur mais reste indispensable lorsqu’on utilise des produits phytosanitaires.
Là encore, cet "uniforme" peut faire peur aux citoyens et susciter de vives réactions décourageant les agents à les utiliser. La sensibilisation du citoyen est nécessaire.